ANTHOLOGIE POÉTIQUE

 

L’Eau

Recueil poétique composé par les élèves de 3ème2

Octobre 2003

Lycée Jules Supervielle

MONTEVIDEO (Uruguay)

Mise en page : Jean Marc Gavila

L’eau discrète

 

   Une eau glacée qui coule. On l’entend sans la voir

   (La pensée de l´été qui chantonne sous l´herbe)

   Les toutes petites abeilles noires leur bourdon continu

   (Le rêve que le soleil fait à bouche fermée)

   A onze heures en août le monde est transparent

   Il sera brûlant après la méridienne

   Une très modeste éternité baigne de clarté vive

   L´eau qui court les abeilles le soleil triomphant

   Une éphémère qui nous habite toi et moi

   Elle fondra dans le jour comme le sucre dans l´eau

   Comme le temps dans le temps.

 

Claude Roy.

Moi j´ai choisi cette poésie  car c´est très joli et ce que raconte le poème je le trouve  très intéressant.

Carina Díaz

 

 

 

proposé par Camila Baratieri

Le prix du silence

Anne Hébert

 

Le cri fait gicler la voix

Comme la pierre l’eau

Puis se noie

Le cri est un couteau

Pointu privé de manche

Les mains le poursuivent  comme

L’onde l’illusion du rivage

Et plongent

On tue au fond de l’eau

Le sang beau lac anonyme est le prix

Du silence

 

La Grenouille

 

    Lorsque la pluie en courtes aiguillettes rebondit aux près saturés une nain amphibie, une Ophélie manchote, grosse et se jette au prochain étang.

    Laissons fuir la nerveuse. Elle a de jolies jambes. Tout son corps est ganté de peau imperméable. À peine viande ses muscles longs sont d’une élégance ni chair ni poisson. Mais pour quitter les doigts la vertu du fluide s’allie chez elle aux efforts du vivant. Goitreuse, elle halète… Et ce cœur qui bat gros, ces paupières ridées, cette bouche hagarde m’apitoient à la lâcher.

 

Françis Ponge

 

proposé par Philippe Bled

 

J´ai choisi ce poème, car de tous ceux que j´ai trouvés et qui parlaient de la mer, celui- ci était le plus beau.

Julie Cartotto

 

 

Homme et la Mer

 

Homme libre toujours tu chériras la mer!

La mer est ton miroir; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n´est pas un gouffre moins amer.

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image;

Tu l´embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

 

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:

Homme, nul n´a sondé le fond de tes abîmes,

O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

 

Et cependant voilà des siècles innombrables

Que vous vous combattez sans pitié ni remords,

Tellement vous aimez le carnage et la mort,

O lutteurs éternels, ô frères implacables!

 

Charles Baudelaire

(Les Fleurs du Mal, « Spleen et Idéal »)

 

                          Le pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l’onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette EAU courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la seine

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

Guillaume Apollinaire

 

proposé par Sofía Cesio

 

J’ai beaucoup aimé ce texte car il décrit la nature donc d’un loup et d’un agneau. On peut constater dans ce merveilleux poème que le grand et injuste abuse du petit innocent.

Nicolas Marquez

 

LE LOUP ET L’AGNEAU

 

Un loup querellait un agneau

Qui ne savait pas troubler l’eau

A tous coups l’injuste puissance

Opprime la faible innocence

 

Isaac de Benserade

 

 

C’est toi

Par Henri Thomas

 

Se caser de son mieux sur la terre aux  vieux os,

Vertèbres dont la mer a creusé les anneaux,

De la voix des torrents écouter les syllabes

Et transcrire ce rêve en écriture lente,

Comme ce scorpion qui tournait dans la lampe,

Dans la chambre où j’étais à la fin d’un été.

Bouger un peu, ce serait déranger les plis

D’un lit parfait, plutôt dépose ta raison,

Ta main pourra toucher le bord de l’horizon.

J'ai choisi ce poème car il me paraît beau et très intéressant

Lucia Cohen

 

J’ai choisi ce texte car je pense qu’il est très bon ; de plus il a très bien personnifié le lac.

Federico Perdomo

 

Le Lac

 

 

“Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Jeter l’ancre un seul jour?

 

Ô lac! l’année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,

Regarde! Je viens seul m’asseoir sur cette Pierre

Où tu la vis s’asseoir!

 

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,

Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes

Sur ses pieds adorés.”

 

Alphonse De La Martine, Le Lac, (extrait)

La Bibliothèque de la Poésie

La Poésie Romantique.

 

 

   
Un coucher de soleil sur la côte bretonne

 

J’ai choisi ce poème car c’était celui qui exprime d’une façon plus réelle mes sentiments pour la mer.

Juan M. Salgueiro

Un coucher de soleil, en Bretagne

 

     Les ajoncs éclatants, parure du granit,
     Dorent l'âpre sommet que le couchant allume.
     Au loin, brillante encore par sa barre d'écume,
     La mer sans fin, commence où la terre finit !

 

     À mes pieds, c'est la nuit, le silence. Le nid
     Se tait. L'homme est rentré sous le chaume qui fume ;
     Seul l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
     À la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

 

     Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,
     Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
     De pâtres attardés ramenant le bétail.

 

     L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,
     Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
     Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

 

José M. de Heredia

Paul Verlaine

Marine

Proposé par Clara Youdale

L’océan sonore
Palpite sous l’œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame
En bonds convulsifs
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.

Cette poésie n’est pas celle que j’aime le plus, celle que j’aime elle est déjà sur le site, donc j’ai  décidé de mettre cette poésie.

Santiago Paternain

 

                  SUR LE CANAL DU LANGUEDOC

              Pour la jonction des deux mers,

              Imitation d’une pièce latine

              De Parisot, avocat de Toulouse.

 

Le Garonne et l’Atax* de leurs grottes profondes

Soupiraient de tous temps pour voir unir leurs ondes,

Et faire ainsi couler par un heureux penchant

Les trésors de l’aurore aux rives du couchant;

Mais à des vœux si doux, à des flammes si belles,

La nature, attachée à ses lois éternelles,

Pour obstacle invincible opposait fièrement

Des monts et des rochers l’affreux enchaînement.

France, ton grand roi parle et ces rochers se fendent,

La terre ouvre son sein, les plus hauts monts descendent,

Tout cède, et l’eau qui suit les passages ouverts

Le fait voir tout puissant sur la terre et les mers.

Pierre Corneille

* atax : ancien nom de l'Aude.

 

DE LA MER

Des murmures couraient dans la lande sauvage
Se mêlaient aux ajoncs et au bruit des sabots
Des chevaux sur le sol partis au grand galop
Vers la mer en furie sculptant d'autres rivages.

Cavaliers de la pluie, du vent, de l'orage
Sur vos noires montures emportez ma folie!
Des falaises de craie dans le flot qui mugit
Jetez-moi toute entière, je serai du voyage!

Des légendes naissaient  au coeur du paysage
Se blessaient aux épines et aux ronces en lambeaux
De bouches opalines, du sang bleu à vau l'eau
De la mer en douleur mourant au fil des pages!

Cavalier des ténèbres, de l'onde, sans visage
Sur ton cheval ailé délivre-moi la nuit !
Sirènes et dauphins me déchirent en cris,
Avec eux sur les vagues, volons jusqu'aux nuages!

Des histoires d'amour se noyaient sur la plage
En larmes d'émeraude sous le sable en sanglots
Pourquoi sur cette terre suis-je toujours de trop?
Et la mer que chante-t-elle aux blancs coquillages?

Je suis elle, je suis toi, je suis moi, sans âge,
Je suis l'homme et la femme, de mes eaux naît la vie;
Au fond de mes entrailles, vous étiez à l'abri,
Les traces de vos âmes errent dans mon sillage !    

Maria-Kallysta

J’ai choisi ce poème parce que ce n’est pas un poème d’un auteur connu, c’est plus discret ; de plus il ne parle pas seulement de la mer mais de la mer et de l’amour.

Rodrigo Petcho

 

recueil : « la bibliothèque de poésie », chapitre : « la poésie populaire »

proposé par Stephanie Rojas

L’araignée et la mouche.

 

Une géante araignée d’eau

À cheval sur ses longues pattes

Guettait une mouche enthousiaste

Qui contait fleurette aux roseaux…

 

-Oh! Oh! Oh! dit l’araignée d’eau

Je n’aime pas les fanfaronnes

Qui viennent jouer les luronnes

Sur mon plan d’eau

 

Et fort habile elle tissa

Un voile en fils de la Vierge

Où la mouche s’entortilla

Près des roseaux devenus cierges…

 

Pierre Béarn, 1978(fables)

 

 

Le cimetière marin

 

Ce toit tranquille, où marchent des colombes

Entre les pins palpite, entre les tombes,

Midi le juste y compose de feux

La mer, la mer, toujours recommencée !

O récompense après une pausée

Qu’un long regard sur le calme des dieux !

Illustration proposée par Marcelo Martinotti

 

Quel pur travail de fins éclairs consume

Maint diamant d’imperceptible écume,

Et quelle paix semble se concevoir !

Quand sur l’abîme un soleil se repose,

Ouvrages purs d’une éternelle cause,

Le temps scintille et le songe est savoir

 

Sable trésor, temple simple â Minerve,

Masse de calme, et visible réserve,

Eau sourcilleuse, Œil qui gardes en toi

Tant de sommeil sous un voile de flamme

O mon silence !.. Edifice dans l’âme,

Mais comble d’or aux milles tuiles, Toit !

J’ai choisis ce poème parce qu’il est très beau et m’inspire beaucoup.

Il décrit exactement ce que la mer représente pour toutes les personnes

Laurent Wauquier.

 

Temple du Temps, qu’un seul soupir résume,

A ce point pur je monte et m’accoutume

Tout entouré de mon regard marin ;

Et comme aux dieux mon offrande suprême,

La scintillation sereine sème

Sur l’altitude un dédain souverain.

(…)

 

Paul Valéry